Simonnets et sonnets
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Le SIMONNET
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LE PREMIER SIMONNET (simonnet)

Ecrire assidûment un sonnet augmenté,
Imitant le modèle en son palais sublime,
Imaginer qu'il charme et qu'un lettré le mime
Et clone ses atours à la postérité.

Elaborer l'écho, nouveau frisson capté
Image par image, en phare qui s'anime,
Immuable miroir du reflet de la rime,
Equilibrant le vers par ses pôles cerné.

Etre seul à frémir de voir ce prince naitre,
Etre noble conçu par un soir où l'ancêtre
Dirigea ma pensée en mouvance et me dit :

Aimerais-tu parfaire un éloquent poème
Dit "premier simonnet" , un royal inédit,
Aimerais-tu qu'il soit de mon renom l'emblème ?

Marcel SIMONNEAU

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LE SIMONNET (simonnet)

L'école a desservi le langage stylé,
Enseignant trop de vers de pompeuse élégance
Encensés d'attributs parés de transcendance :
L'élève n'en retint qu'un rêve désolé !

L'héritage des coeurs s'en trouve mutilé...
En citant d'un poète une immortelle stance,
En ce siècle banal de vile manigance,
L'érudit vibre seul, jamais congratulé.

Il le fut maintes fois, en des temps où l'idylle
Illustrait de ce chant son jeune amour fébrile,
Mais la splendeur de l'Art se fige en ses sommets !

Oserais-je à mon tour clamer que je propose
Aux amis de la Muse un défi virtuose :
Mettre deux fois la rime au sonnet désormais ?

Marcel SIMONNEAU

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LA TOILE (simonnet)

Elle est courte la vie, et sa course éternelle
Dirige ton élan vers de vains interdits
Dissimulés dans l'ombre, éclatants et maudits,
Eldorados parés d'un or qui la rend belle.

Eloigne-toi du rêve à l'offre criminelle,
Distribué, bradé par d'augustes bandits,
Diligemment frappé du sceau des paradis,
Et lissant ses appâts d'emprise universelle.

La toile se referme et l'heure du gala
Lâche ses carillons pour fêter son éclat.
Enseveli, le monde, épris de décadence,

Tournera son regard attendri tout autour,
En silence, et vivra l'ultime repentance...
Tourmenté par le cri radical du vautour.

Marcel SIMONNEAU

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LE MYSTERE ENTENDU (simonnet)

Détache-toi du monde au rêve démodé,
Danse vers l'Infini, berceau de Providence :
Dans ce paradis nu, havre de l'évidence,
Déjà tu connaîtras le pardon accordé.

Décide de ta vie et suis ton propre dé,
Densité qui s'enfuit de cette décadence ;
Danseur aux ailes d'ange, épure ta cadence :
Délivrance ou déclin, choisis le bien fondé.

Rime tes vers sans haine avant que l'on t'opprime,
Ris mais ne sois pas vil, dis tout, éclaire, exprime
Du secret de l'Esprit le mystère entendu,

La mer qui purifie et d'où perce la flamme,
Du tréfonds de l'abîme au Bonheur attendu :
L'Amour, le Vrai, le Souffle et le repos de l'âme.

Marcel SIMONNEAU

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UNE FEMME CELIBATAIRE (simonnet)

Sans être mère, elle a ce sentiment puissant,
Famélique et pervers, de n'être jamais femme ;
Famille est ce vil mot, depuis qu'on la diffame
Cent fois par an, d'effroi qui fait rougir son sang.

Sensuelle et charmante elle a ce rêve absent,
Fameux pourtant quand le désir d'enfant affame...
Familiarités font de son vide infâme
Sensations de honte et silence oppressant.

Dire qu'elle est très belle est aussi lui prédire
Directement l'amour qu'elle apprend à maudire
Par ce trop lourd chagrin vécu pour un départ.

Celle qui n'y croit plus n'attend plus l'étincelle :
Parlant de l'homme comme une autre race à part,
Célibataire elle est sans être "jouvencelle" !

Marcel SIMONNEAU

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LE SIMONNET DU MAL AIME (simonnet)

Assez de solitude, et pesante et tenace... !
Au secours les amours qui peuplent mon cachot !
Au risque de paraître un tantinet vieillot,
Assurément j'espère en ce rêve fugace.

Ah si je te croisais, idylle que je chasse
Obstinément, j'aurais le moral au plus haut !
Opium de mes jours qui me traîne, il me faut
Aspirer au bonheur, celui dont je rêvasse...

Respirer ce parfum nouveau pour moi serait
Ressusciter ma vie. Auriez-vous le secret ?
Dites-moi... que je quitte enfin mon troglodyte !

Décidé d'en finir, je mélange les dés...
Dithyrambique quête et conquête érudite,
Déjà je vous perçois comme esprits qui rôdez...

Marcel SIMONNEAU

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PROFESSION : POETE ! (sonnet)

Poète je suis né, de parents sans histoire
Mais pauvres, sans culture et sans l'amour du Beau ;
J'ai débuté ma vie au chevet d'un tombeau,
Dans le noir désespoir d'un premier purgatoire.

J'aurais aimé qu'un père apprenne la victoire
A ce fils démuni que j'étais, au fardeau
Si lourd que mes vingt ans n'ont pas eu le cadeau
Que la jeunesse fait comme un don transitoire.

Seul, malade et maudit j'ai grandi, le coeur lourd,
J'aimais la Poésie et ce langage sourd
Etait honte et sujet à cette polémique :

On ne vit pas d'amour ni de rêve lointain !
Pour l'artiste on prétend l'avenir incertain :
Seule démentirait ma plume académique !

Marcel SIMONNEAU

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EN HOMMAGE A PAUL VERLAINE (sonnet)

Ce siècle t'a porté sur les plus hautes cimes,
Pérennisant ton nom de poète géant,
Toi, "pauvre Lélian", illustre fainéant
Qui connut les frissons de l'absinthe et des rimes.

Ton nom reste gravé sur tous les millésimes
De la littérature. Et je sais bienséant
D'affirmer que sans toi point n'est de suppléant
Qui n'égale ton oeuvre en ses "Fêtes" sublimes.

Tu laisses de beaux vers "Saturniens", libérés
De la césure, nonchalants, évaporés
Du rêve. Et l'écho de leur tempo magnétique

Se glisse en la mémoire et surgit dans la nuit
Aux temps de solitude, alanguissant l'ennui
Comme un chant envo�tant magique et symbolique

Marcel SIMONNEAU

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EURO-VISION (sonnet)

A l'heure de l'euro j'annonce la couleur :
Soyons francs, bons français, il nous faut reconnaître
Que le franc vaut de l'or, et que ce vieil ancêtre
Hantera nos regrets d'une juste valeur...

Comment ne pas bouder la stupide pâleur
De la monnaie unique et faible qui va naître ?
Comment ne pas bondir en voyant disparaître
Nos repères, traqués par un troc rassembleur ?

Banque, soyez bon guide, ou prévoyez nos dettes !
Pour un euro mineur de lendemains de fêtes,
Six francs cinquante cinq neuf cent cinquante sept... !

Européen je suis. Français, vraiment j'en doute...
Mais pauvre je me sens depuis que l'euro coûte
Six francs cinquante cinq neuf cent cinquante sept !

Marcel SIMONNEAU

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ESQUISSE CHAMPETRE (sonnet)

Maisons qui déployez vos ombres ancestrales
Sur l'aire séculaire où sont gravés les pas
De tant de disparus dont sonna le trépas,
Vous gardez ce saint lieu tout comme des vestales.

Pierres des champs, des prés, vieilles mais colossales,
Greniers de souvenirs des choses d'ici bas,
Vous fûtes les témoins des repos, des repas,
De la sagesse aussi des lois familiales

Et nous contez un siècle et sa sérénité.
Temples de nos aïeux, fresques d'éternité,
Le temps n'a pas frappé vos tempes ni vos charmes !

Le passé, le présent sont de coeur confondus,
Vers le futur vos bras sont toujours étendus,
Défiant le progrès en refusant ses armes.

Marcel SIMONNEAU

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BIZARRE (sonnet sur trois syllabes)

Pour la vie,
Tu m'as dit
M'as écrit
Ton envie.

Rêverie
L'on se fit
Sur un lit
De folie !

Tu repars...
Cauchemars !
Je déclare

Sur le soir :
Désespoir,
Ma guitare !

Marcel SIMONNEAU

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CHEFS-D'OEUVRE (sonnet)

Créatures de rêve à la frêle santé,
Elles craignent le froid, redoutent les tempêtes,
Guettent les promeneurs, tremblent devant les bêtes,
S'éveillent le matin avec fébrilité.

Les fleurs ont le parfum, la grâce et la beauté
Des messages d'amour. Complices des poètes,
Souriant au chevet des passions secrètes,
Elles charment les coeurs avec pudicité.

Dites-leur vos tourments, elles sauront vous plaindre,
Et si vous les aimez, elles sauront éteindre
Les chagrins les plus lourds qui vous brûlent les yeux...

De sa palette d'or, à la saison clémente,
Là haut le grand orfèvre à l'âme étincelante,
Peint de mille couleurs ces joyaux précieux.

Marcel SIMONNEAU

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L'HECATOMBE (sonnet)

Je ne supporte plus ce monde qui m'oppresse
Par ses insanités, sa haine et ses orgueils,
Ce prince à demi mort sombrant sur ses écueils,
Saccageant la planète en géant qui se dresse...

Comment laisser fleurir les éclats d'une presse
A l'affût de l'horreur, du sang et des cercueils,
Qui se hâte et jubile et fait tous les accueils
Aux indigents blessés qui meurent sans adresse... ?

Tout est vil dans ce siècle et l'on nous cache tout,
Et l'avenir n'est pas ce qu'on écrit partout :
Il sera pire encore et si l'on pouvait dire

A l'homme qu'il est fou d'avoir hissé le Mal
Par ses agissements de sauvage animal,
On comprendrait que Dieu ne peut que le maudire !

Marcel SIMONNEAU

(Médaille d'argent du sonnet de l'Académie des Poètes classiques de France)

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BREF ! (sonnet sur une syllabe)

Fuis !
Je
ne
suis...

Puis,
que
ne
puis... ?

Homme
comme
ca...,

Femme
à
drame !!!

Marcel SIMONNEAU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel SIMONNEAU
inventeur du simonnet